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Retour sur le lancement de la Fédération Professionnelle de Cyclologistique

09 décembre 2022

Mercredi 9 novembre 2022, plus de 130 invités ont assisté au lancement officiel de la Fédération professionnelle de cyclologistique à l’Académie du Climat (Paris 4e). Découvrez ici son compte-rendu.

En introduction de la matinée, les participants ont pu aller à la rencontre de quelques acteurs de la cyclologistique (cyclologisticiens et fabricants de vélos-cargos, présents avec leur matériel) : Carton Plein, Fleximodal, Fludis, Groupe La Poste et Cargonaute (ex-OLVO).

Discours d’accueil d’Olivier Girault (Président des Boîtes à Vélo – France, directeur de Toutenvélo), Michael Mahut (Fondateur d’Agilenville), Paul Roudaut (Gérant de Cargonautes) et Guy-Pierre Sachot (Directeur de la logistique urbaine au Groupe La Poste).

Définition de la cyclologistique

Michael Mahut : Qu’est-ce que la cyclologistique ? C’est l’art et la manière de mettre à disposition un produit, au bon endroit, au bon moment, au moindre coût et avec la meilleure qualité, en utilisant comme moyen de transport des vélos ou assimilés (vélos cargos)

  • C’est la logistique du dernier kilomètre (colis notamment, 90% des colis pourraient être livrés à vélo)
  • C’est la logistique du premier kilomètre (ou reverse logistique, la collecte de déchet)
  • C’est la gestion des flux à l’intérieur de la ville (course express, sorties de caisse, déménagements, etc…)

Acteurs et enjeux

Guy-Pierre Sachot : La filière compte plus de 160 entreprises (+ de 1000 ETP). Ce sont des coopératives, des SARL, des entreprises qui diversifient leur mode de livraison. La cyclologistique a des externalités positives importantes :

  • Moins d’émissions de Gaz à Effet de Serre
  • L’absence d’émissions de particules et donc de pollution de l’air
  • Peu de nuisances sonores
  • une moindre occupation de l’espace publique

Il y a néanmoins encore énormément d’obstacles qui justifient de travailler ensemble :

  • L’accueil du vélo-cargo dans la ville, sa coexistence avec les autres modes de transport, et les infrastructures publiques indispensables à notre développement.
  • L’environnement professionnel dans lequel nous sommes, avec énormément d’opérateurs, fait valoir les avantages compétitifs comparatifs du vélo-cargo qui peut être intrinsèquement moins coûteux.
  • L’accès au foncier, à une base physique pour remiser son matériel, déposer ses colis, préparer ses distributions. Ce n’est pas exactement le même foncier que pour les autres véhicules.
  • Il faut un écosystème autour de ces véhicules qui sont des véhicules fragiles qui nécessitent énormément d’opérations de maintenance. Un approvisionnement à vélo-cargo peut s’avérer problématique en cas de panne, on doit avoir des discussions avec les fabricants.
  • Les questions réglementaires à adapter, pour des questions de l’assurance qui maitrise mal le risque lié à cette activité et peine à proposer une offre adaptée.
  • Enfin, comme les autres secteurs de la logistique, un problème d’attractivité pour des métiers exigeants.

Genèse de la Fédération

Paul Roudaut : Il y avait une confusion au sein des pouvoirs publics entre les entreprises de livraison de repas, souvent ubérisées, et les cyclologisticiens. et donc la volonté de fournir aux pouvoirs publics et partenaires, un interlocuteur unique et privilégié. Quatre acteurs se sont réunis (Toutenvelo, Cargonautes, Applicolis et Fends la bise), quatre PME assez matures avec une dizaine d’années d’existence, autour de ce projet de Fédération dont ils ont confié l’animation aux Boîtes à Vélo – France. Un Manifeste pour une cyclologistique responsable a été publié afin de poser les bases de la future Fédération. L’idée étant d’avoir des critères assez ouverts pour qu’un maximum de cyclologisticiens puissent la rejoindre, mais suffisamment restrictifs pour porter des valeurs sociales et environnementales fortes.

Les Assises des cyclologisticiens se sont tenues en mai 2022 avec un certain nombre d’ateliers collaboratifs qui ont réunis 90 participants dont 60 cyclologisticiens et entreprises mixtes. Ce sont au total 52 ateliers et 7 heures de travail collaboratif qui ont été réalisés, pendant lesquels ont pu être adressés les grands enjeux de la filière et l’intérêt de la constitution d’une Fédération.

La Fédération et ses chantiers

Olivier Girault : A l’issue des Assises, quatre chantiers prioritaires ont été retenus :

  • La création de la Fédération
  • Le travail sur un guide d’aménagement et notamment sur les hubs
  • La question réglementaire de la capacité de transport
  • La définition du vélo-cargo

En matière de gouvernance de la Fédération, serons représentées à la fois les entreprises de cyclologistique spécialisées et les entreprises mixtes de plus en plus nombreuses, avec chacune son collège. Un troisième collège sera constitué des partenaires de l’écosystème. La Fédération a été imaginée à l’intérieur des Boites à Vélo, qui est une association de référence d’entreprises utilisant le vélo dans un cadre professionnel. L’association mène également une étude nationale sur la cyclologistique soutenue par l’ADEME et le ministère des transports. La section de la Fédération sera autonome à l’intérieur de l’association, avec un Comité de Direction dédié à la Fédération. L’ouverture des adhésions aura lieu courant décembre/janvier, l’établissement du Comité de Direction en février 2023.

Anne-Marie Idrac est présidente de l’association France Logistique. Elle est interrogée par Olivier Girault.

Selon vous, que pourra apporter la cyclologistique à la chaîne logistique globale ?

Pour commencer, bravo pour cette initiative ! Vous avez beaucoup de points communs avec les autres acteurs des chaines logistiques. Une même mission : approvisionner. Et deux mouvements de mutation : le numérique et le verdissement. Vous avez également des caractéristiques propres. Vous utilisez un moyen de transport en complément du train, des poids lourds, des véhicules légers de différentes tailles. Vous êtes le dernier maillon de cette chaine. Vous travaillez avec eux et avec les entrepôts, par nature intermodaux. Vos créneaux de marché sont en développement, plutôt urbains, sans les grandes distances et sans les gros volumes. C’est un créneau qui se développe, plutôt en BtoC, mais en BtoB aussi. Bienvenue dans la famille, bienvenue au petit dernier, au dernier maillon. Vos segments de marchés sont d’ampleur et intéressants dans certaines conditions.

Quelles sont les conditions de développement de cette filière ?

Les conditions sont d’abord physiques : il va falloir trouver de la place. TLF a réalisé un rapport sur les ZFE et la logistique urbaine, Interlud réunit des centaines de participants sur les thèmes de logistique urbaine. Il en ressort des questions de circulation, de stationnement, d’ateliers logistiques pour l’entretien des vélos, et de lieux de stockage ou groupage/dégroupage des marchandises sur les véhicules, dont les vélos.  Il vous faudra trouver aussi une place économique et sociale, continuer à travailler sur la viabilité économique et sociale de vos entreprises. Il y a eu beaucoup d’investissements, d’acteurs de toute nature, pas tous avec des conditions de financement qui permettent de rentabiliser l’entreprise et il y a beaucoup d’acteurs étrangers. Un des grands combats de la profession, notamment routière, pour assurer la durabilité de nos métiers, c’est la lutte contre le dumping social. Ce fut un réel acquis social d’avoir imposé une capacité de transport. 

Quels sont les travaux et apports de cette filière cyclologistique dans les travaux de France Logistique ?

France Logistique est une association de professionnels créée début 2020, assez jeune. Elle a pris rapidement des rides avec la crise sanitaire et les crises d’approvisionnement que nous avons connu. Notre rôle est de porter des messages communs de l’ensemble des acteurs de la logistique dans l’espace public et auprès des pouvoirs publics. Les fédérations professionnelles et France Logistique ont travaillé sur la dynamique en cours des ZFE, le fait qu’il y ait l’interdiction de certains véhicules en ville et les enjeux d’approvisionnement qui y sont liés. Prochainement, un comité interministériel de la logistique prendra un certain nombre de points d’étapes avec le gouvernement sur des sujets numériques et de verdissement, tant sur les transports de tous modes que sur les entrepôts, le stockage. C’est la raison de ma présence et de plusieurs membres de France Logistique ici. Nous serons très attentifs, ouverts, amicaux, accueillants et nous pourrons travailler ensemble sur des sujets d’intermodalité et de formulation auprès des pouvoirs publics. C’est dans cet esprit que je tenais à venir vous saluer.

Une table ronde avec Jérôme Douy (Directeur délégué à l’Union TLF), François Guitton (Délégué à l’action professionnelle à la FNTR), Jean-Marc Rivera (Délégué général à l’OTRE), animée par Michael Mahut.

Michael Mahut : Pour vous donner quelques chiffres, il y a 400 000 salariés dans le transport routier, 1000 salariés environ dans la cyclologistique. On a encore du mal à se compter, la création de la fédération devrait nous aider sur ce point. C’est donc insignifiant dans les effectifs globaux du transport de marchandise. Pour autant, si vous êtes là aujourd’hui, la cyclologistique vous interpelle ou vous séduit. 

Comment alors appréhendez-vous la cyclologistique ? Quelle représentation en avez-vous, avec quelles opportunités de développement ?

Jean-Marc Rivera : Ce sont 700 000 salariés si on inclut le transport de personnes qui dépend de la même convention collective. Quand on travaille dans nos métiers sur la décarbonation du transport routier, du transport de marchandise en milieu urbain, la question de la cyclologistique s’est posée. Pour cela, on a besoin d’interlocuteurs fiables. Vous avez démontré par votre démarche que vous étiez des interlocuteurs fiables, avec une méthode sérieuse. Nous avons le sentiment non pas d’avoir des huluberlus, des jusqu’auboutistes, mais des interlocuteurs sérieux.

Jérôme Douy : on n’appréhende pas ce secteur, on l’intègre. Je suis la logistique urbaine depuis de nombreuses années. Il y a 5 à 10 ans de ça, on regardait ces acteurs de façon rigolote. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. On a des acteurs importants autour de la table lors des concertations. Quasi toutes les entreprises ont un regard, soit parce qu’elles ont du mal à identifier les acteurs de la filière, soit parce qu’elles commencent à l’intégrer, voire même en termes d’acquisition de service. On va vers un intérêt grandissant, de par la réglementation en cours, avec des ZFE sur 45 agglomérations bientôt. Ce n’est pas neutre dans le paysage de la logistique urbaine. Vous êtes un acteur essentiel du dernier kilomètre, mais aussi du premier avec la « reverse logistics ». Ça fait partie aujourd’hui de nos échanges et on a à cœur d’être maintenant interlocuteurs de cette Fédération, et peut-être de vous accompagner sur un certain nombre de points.

François Guitton : Il ne faut pas oublier qu’un camion de 44 tonnes, ça représente 35 véhicules légers et 90 vélos-cargos. La décongestion et la décarbonation sont les maitres mots quel que soit le mode de transport utilisé. Vous vous confrontez à un enjeu de définition à venir du vélo-cargo, avec beaucoup d’engins différents utilisés. Il ne faut pas trop attendre, avec les questions assurantielles que vous rencontrez. Ils ont besoin de trouver une case dans laquelle mettre les vélos-cargos, c’est important. La législation devient envahissante, c’est un sujet immédiat à traiter, néanmoins, malgré la crise du carburant toujours en cours, le transport routier est un maillon indispensable au bon fonctionnement de la chaine logistique. La mixité véhicules routiers / vélos-cargos est certaine, et certains adhérents du FNTR ont déjà de très grosses flottes de vélos-cargos électriques, avec plusieurs dizaines de véhicules.

Michael Mahut : Effectivement il y a besoin d’une nécessaire définition du vélo-cargo, pour des questions assurantielles et d’aménagement urbain. Car demain, qu’est-ce qui pourra rouler sur une piste cyclable ? Ce sont des sujets à traiter.

Qu’est-ce que vous attendez de cette fédération ? Comment cette instance pourra communiquer avec vous ?

Jean-Marc Rivera : Vous le faites déjà. Vous êtes au début d’une histoire, vous venez d’accomplir le pas très important de la création et beaucoup de choses restent à créer. L’OTRE, ce sont beaucoup de TPE/PME qui ont besoin de connaitre leurs interlocuteurs. Il va donc falloir réfléchir à qui vous êtes concrètement. C’est quoi un cyclologisticien ? Est-ce que c’est être transporteur ? Oui, ça l’est déjà. Comment se constituer dans un monde réglementé ? Voulez-vous l’intégrer ? Et si oui, comment ? Cette capacité est un vrai progrès du métier, c’est indispensable, on a besoin de nous. Mais quand il s’agit de le reconnaitre, c’est plus compliqué. Le métier est mal payé, c’est pour ça qu’on a besoin de se structurer. C’est un élément central. Il vous faudra définir les conditions d’accès à la profession, au modèle souhaité, avec des salariés ou non. Nous, on ne croit pas au modèle entrepreneur. Si vous avez des salariés, comment on les forme ? La formation semble indispensable pour effectuer un travail de qualité, avec ces questions de sécurité. Si on ne l’affirme pas, ça va poser un vrai problème. La Fédération semble être sur cette ligne-là, et en ça, on sera de vrais interlocuteurs. Les questions de la logistique sont centrales, d’où la création de France Logistique sur l’évolution de la logistique en France. Il y a des transporteurs mais aussi des clients, les chargeurs, qui sont également des interlocuteurs très importants.

François Guitton : Dans le transport routier, nous avons une obligation de lettre de voiture. Est-ce que la Fédération se soumettra aux mêmes règles de transport ? Dans ce cas, il faudra prendre les mêmes mesures.

Michael Mahut : sur l’aspect social, nous avons un ADN partagé de créer de vrais emplois sous forme de salariat. Le but de la Fédération est de professionnaliser le secteur, d’avoir un label, une capacité de transport. On a conscience que ça entrainera des contraintes. C’est un de nos chantiers.

Le Shift project chiffre à 110 000 emplois de cyclologistique dans les vingt prochaines années. Comment faire pour que vous passiez plus par de la cyclologistique en ville ?

Comment peut-on plus travailler ensemble demain ? 

Jérôme Douy : On a besoin d’une approche plus industrialisée face à une profession bien organisée. C’est ce que vous êtes en train de faire. C’est un gage de qualité qui sera une séquence importante lorsque vous lancerez les adhésions. Dans les échanges qu’on peut avoir avec nos entreprises : ils ont besoin de lisibilité sur les acteurs, car il y a une pluralité d’acteurs aujourd’hui dans la cyclologistique (Quel est leur coffre de prestation ? Leur capacité de transport ? Leur localisation géographique ?). C’est un travail à réaliser ensemble sur le sujet.

François Guitton : Sur les emplois, nous regardons l’attractivité et les conditions de vie au travail. Les employeurs veillent à n’embaucher que des CDI, c’est une marque de fiabilité. Avec un enjeu de conserver les salariés, de les fidéliser. Si vous cherchez une assise, vous commencez à l’avoir,  à professionnaliser les acteurs dont on parlait.

Jean-Marc Rivera : Il faut savoir s’écouter et se comprendre. On a des poids lourds et des véhicules légers qui semblent se ressembler, et ça a pourtant été tout un travail pour que ces deux mondes se parlent. Il faut un respect et une compréhension de qui fait quoi, car il y a une vraie complémentarité . Vous avez invité trois fédérations de transport routier aujourd’hui. On n’est pas toujours d’accord mais on se parle. France Logistique, Interlud, il faut vraiment être acteurs, savoir échanger, se comprendre et ne pas vouloir faire concurrence à l’autre. Le véhicule lourd a sa pertinence en ville, la cyclologistique aussi. Et puis il y a le véhicule léger, qui est entre les deux et qui a également sa place. La création d’une Fédération est une très bonne chose pour créer cette symbiose entre tout le monde.

Jérôme Douy : Le rôle d’une Fédération est d’avoir un rôle prospectif sur l’avenir entre les acteurs. La décarbonation ne se fera pas dans les prochaines années. Il y a donc une prospection à mener sur la capacité de transformer le secteur dans les 20 prochaines années. Il y a plusieurs scénarios. Il va falloir voir comment ceux-ci vont vous impacter.

François Guitton : C’est un sujet commun, avec les ZFE. Ne mettons pas les centres-villes sous cloche pour qu’ils soient respirant et qu’on continue à les alimenter.

Questions du public

En vous écoutant, on a l’impression de voir l’ancien monde parler au nouveau monde. Comment faites-vous évoluer vos propres modèles ?

Jean-Marc Rivera : J’entends dans votre question une opposition entre deux mondes, l’ancien monde et le nouveau monde. Une comparaison entre camions et cyclologistique, et c’est une erreur. Comment approvisionner sans mode de transport massifié ? Le véhicule lourd a encore sa pertinence et aura encore sa pertinence même en ville. C’est dangereux pour la cyclologistique d’imaginer que demain, il n’y aura pas de poids lourds en ville. Ce sont des oppositions qui ne servent à rien. Comment rendre le service au citoyen ? Il faut aussi que le citoyen prenne ses responsabilités. Comme nous le montre l’exemple de l’e-commerce. Peut-on laisser un mode se développer sur une livraison rapide, gratuite et à domicile ? Un mode de transport vertueux demande un changement de comportement des citoyens. Et surtout, SURTOUT pas d’opposition.

Comment peut-on réduire le kilométrage parcouru par les chaînes logistiques ? Comment peut-on réduire la demande ?

François Guitton : il y a une complémentarité entre la route et la cyclologistique. Mais au-delà de ça, c’est toute notre logistique, qu’il faut repenser et même nos modes de production et de consommation. Il faut ramener la logistique en France, ramener la logistique de proximité. Nous on ne fait qu’exécuter du transport, mais les distances que l’on doit parcourir sont ridicules. Le point central est de repenser la logistique. Pour vous, le travail est fait sur le verdissement, pour nous il reste du travail, mais le point central est de repenser et rapprocher les flux.

Comment pouvez-vous mutualiser des hubs et leurs usages pour intégrer de la cyclologistique ?

Olivier Girault : C’est un atelier en cours de la Fédération. Il nous faut des hubs qui soient aussi accessibles par des camions. Un maillon cyclologistique seul ne peut traiter toute la logistique urbaine. Nous travaillons déjà sur ces sujets avec les transports routiers.

Une table-ronde avec Florence Gall (Directrice de cabinet parlementaire de Guillaume Gouffier-Cha), Olivier Schneider (Président de la FUB), Patrick Guinard (Président de l’APIC), Virgile Caillet (Délégué général à l’USC),  animée par Paul Roudaut

Paul Roudaut : le 15 novembre aura lieu la restitution au ministère de l’économie et des finances du travail sur les Etats généraux de la filière vélo. Il devrait y avoir des informations intéressantes et on espère des débouchés réglementaires concrets. On a besoin de matériels roulants adaptés à nos besoins fonctionnels. On participe en retour à l’amélioration du matériel via nos retours d’expériences. On conçoit parfois nos propres outils, des vélos, des caisses, des remorques. En effet, parfois, il n’y a pas de solutions sur le marché, il faut les inventer. Certains d’entre nous sont également revendeurs. On promeut donc directement ou indirectement le vélo. On est très complémentaires des usages loisir, avec un vrai poids économique et de la création d’emplois.

Le rapport sur la Filière Vélo est à l’origine de la structuration du milieu du vélo, quelle place y tient la cyclologistique ? Comment avez-vous perçu son potentiel de développement ?

Florence Gall : Je tiens tout d’abord à excuser le député, il est rapporteur sur la constitutionnalisation de l’avortement à l’assemblée ce matin et n’a donc pas pu être présent. C’est un rapport sur la filière économique du vélo, et non pas uniquement la filière industrielle. La cyclologistique y a toute sa place. On a visité beaucoup d’entreprises qui produisent des vélos-cargos en France. Fleximodal, Yokler, Douze Cycles, Kleuster, etc… On a également rencontré La Poste, acteur majeur de la cyclologistique, et Amazon. Amazon impressionne par son développement de la cyclologistique, à Strasbourg puis Paris dans un premier temps puis dans d’autres métropoles françaises concernées par les ZFE mais également ailleurs en Europe. Il est important d’avoir ces acteurs majeurs qui prennent le pas de la cyclologistique. Il y a de gros enjeux de développement des infrastructures et de développement de la filière.

Au niveau des infrastructures, il faut intégrer dans les aménagements urbains les spécificités de la cyclologistique : du foncier, du stationnement, des réseaux cyclables adaptés aux vélos-cargos, des plans cyclologistique de la part des collectivités locales.

En termes de structuration, les cyclologisticiens doivent être associés aux réflexions sur les définitions des normes sur les vélos-cargos, un sujet complexe à l’échelle européenne.

Concernant les lois, il faut faire en sorte que le vélo ait les mêmes avantages que les véhicules thermiques, comme une TVA déductible pour les professionnels, voire plus d’avantages. Un certain nombre d’élus sont là pour porter la voix des cyclologisticiens s’il y a des besoins de modification de la loi.

Pourriez-vous nous parler des travaux de structuration en cours ? Quelle place prendra la Fédération dans France Vélo ?

Patrick Guinard : On travaille beaucoup sur la filière vélo et les Etats généraux. C’est avant tout un travail collectif, pas une vision personnelle. C’est un ensemble de visions, avec une représentation de la cyclologistique. Il nous faut l’ensemble du paysage vélo pour pouvoir travailler ensemble. Notre réussite, ça a été notre capacité à sortir un livre blanc ensemble pour donner des engagements. Le vélo, c’est la vélogistique mais pas que. Comment voyager à vélo, comment circuler en vélo, utiliser le vélo, l’industrie du vélo, le tourisme à vélo, on parle d’un ensemble de choses. Le développement de la vélogistique est une part importante de cette vision. Quelle place pour cette Fédération au sein de France Vélo ? Elle a toute sa place. On doit aussi parler d’une seule voix, mais le plus important c’est que ces différentes structures se renforcent mutuellement et aillent plus loin ensemble. Ça doit être pour nous, pour vous, l’occasion qu’être co-présent et d’avoir une part importante. La vélogistique, c’est pour moi le transport de demain. Déjà le vélo c’est le transport de demain. Le vélo-cargo, c’est un sujet hyper stratégique. Vous avez une part stratégique du développement du vélo en France et en Europe. Il faut aussi penser européen. On a un vrai savoir-faire qu’on peut exporter ailleurs en Europe et il ne faut pas l’oublier. Ça sera notre rôle de parler de tout ça. Les Etats généraux apportent une idée d’un collectif. Ce n’est qu’une seule étape, c’est le début de quelque chose, la création d’un comité de filière. Et on compte sur tout le monde pour nous aider.

Qu’apporte la cyclologistique au développement du vélo en général ? Et inversement ?

Olivier Schneider : Je tiens d’abord à dire que ce qu’on vit aujourd’hui, c’est une séquence assez incroyable. Il y a 5 ans, le discours de clôture du ministre des Transports avait dit « il faut cesser de regarder le vélo avec condescendance ». Avec la Fédération et les Etats généraux, on est en train d’aboutir à ça. C’est une condition nécessaire pour commencer à changer les choses. On reste sur un potentiel énorme et pourtant des usages qui ne dépassent pas 3% des déplacements aujourd’hui. Merci pour la création de cette Fédération qui va permettre de représenter le sujet de manière complète et professionnelle. La cyclologistique apporte au quotidien un désencombrement des infrastructures, notamment des stationnements gênants des camionnettes. Partout où il y a du potentiel, contraint par des réglementations, partout où on pourra le faire avec d’autres transports, ça va désengorger les pistes cyclables et supprimer un danger concret causé par les véhicules de grand gabarit. C’est le principal danger de sécurité routière en ville. Réduire, et non interdire, rend service aux vélos. Montrer qu’on peut faire toutes ces choses à vélo, rend service à toute la filière. Dans l’autre sens, il n’y aurait pas le kilométrage de pistes cyclables aujourd’hui s’il n’y avait pas d’associations d’usagers au niveau local et national. La cyclologistique n’est plus agile qu’une camionnette que parce qu’il y a des pistes cyclables. On a élargi le spectre industriel aux services avec la filière économique du vélo. On va pouvoir parler d’une seule voix face aux différents interlocuteurs de l’état. On a besoin de parler en transversalité pour agir en synergie.

Comment traiter la question du matériel ?

Virgile Caillet : Nous sommes une fédération professionnelle, nous représentons une filière, un corps intermédiaire, des entreprises du sport, des loisirs, du cycle et de la mobilité active. Ce sont 150 entreprises industrielles qui nous composent aujourd’hui. On couvre ainsi le champ des fabricants de vélos-cargos. Il y a des mutations autour de la définition du vélo-cargo. On produit quelques chiffres avec l’observatoire du cycle qu’on renouvelle tous les ans. On commence à y intégrer la vélogistique. Le vélo-cargo, c’est un peu plus de 20 000 unités vendues en France, et un peu plus de 4000€ moyen pour l’achat d’un vélo-cargo. Notre approche est plutôt orientée en BtC, sur des vélos-cargos légers, pour emmener les enfants à l’école, pour aller faire les courses. On y inclut aussi quelques artisans ou professions libérales qui peuvent l’utiliser. Dès l’année prochaine, nous allons étudier le vélo-cargo aussi sous la forme des flottes et de l’aspect cyclologistique. On va se rapprocher de la Fédération pour travailler sur cette question-là, qui est essentielle pour travailler avec les pouvoirs publics car il faut savoir de quoi on parle. D’où on part ? On part de vélos-cargos légers, pour les individus, donc qui s’inscrivent dans la notion réglementaire des vélos. On voit qu’aujourd’hui, on est dans un phénomène de mutation de ce marché du vélo-cargo avec la cyclologistique. Il y avait de la cyclologistique avant la crise sanitaire, bien sûr, mais elle aura été un révélateur et un accélérateur de ce phénomène. On a des vrais sujets qui se posent : comment positionner cette cyclologistique par rapport à la réglementation existante ? Avec tout ce que ça veut dire en matière d’usage, voire de conflits d’usage. Est-ce qu’un vélo-cargo de 200-300 kg va pouvoir aller sur les pistes cyclables ? Ce sont des sujets auxquels vous allez être confrontés.

Lorsqu’on va porter de lourdes charges, il va falloir adapter le vélo-cargo. En France, on a la chance d’avoir une cinquantaine d’acteurs qui fabriquent des vélos-cargos. Et ils fabriquent en France. On sait faire parce qu’on est sur des unités de production qui nous permettent de le faire. En les renforçant, en les épaississant, en leur mettant des moteurs à plus forte capacité, sont-ils encore des vélos ? Seront-ils soumis à une réglementation spécifique ? Il va falloir être courageux et affronter ces questions. Ça nécessite de la concertation, de la collaboration et de la méthode. Un vélo-cargo, selon la réglementation vélo, c’est un vélo. Si on est sur un engin motorisé, il va falloir passer une étape de certification. Il faut compter 40 à 50 000€ pour vérifier que son engin répond aux normes, etc… ça peut devenir un sujet pour un gros volume de production.

Olivier Schneider : C’est une question d’usage, mais aussi de composants dans le vélo, notamment sur les plaquettes de frein. Ça représente un enjeu en termes de fiabilité, de maintenance. Si demain 5% des artisans passent au vélo-cargo, on est incapable de les fournir. La montée en charge doit se faire en ayant des nouveaux composants. Il n’y a pas que la réglementation, mais aussi la performance.

Virgile Caillet : ça veut dire aussi des sujets de formation. On ne conduit pas un vélo-cargo de 300kg de la même manière qu’un vélo-cargo léger avec ses enfants.

Une table ronde avec David Belliard (Adjoint aux mobilités de la ville de Paris), José Caire (Directeur Villes et territoires durables à l’ADEME), Etienne Chaufour (Directeur Ile-de-France chez France Urbaine) animée par Guy-Pierre Sachot.

Guy-Pierre Sachot : La logistique urbaine, en tant qu’urbaine, est territoriale. La cyclologistique n’échappe pas aux contraintes de la ville.

Pourquoi souhaitez-vous voir la cyclologistique se développer sur votre territoire ?

David Belliard : Je souhaiterais commencer en vous disant que je suis ravi de recevoir cet événement ici à l’Académie du climat. J’ai deux réponses à cette question. Une réponse plus personnelle : il y à 18 mois, j’ai fait un tweet sur la cyclologistique à Strasbourg. On y transportait des pierres du fleuve jusqu’au chantier, à vélo. Le réseau Twitter étant ce qu’il est, ce message a percé à mon corps défendant, et a été critiqué par certains en disant que la cyclologistique était le retour à l’esclavage moderne. Ce tweet a même eu un édito sur France Inter le lundi suivant. Aujourd’hui, je prends ma petite revanche. La cyclologistique n’est pas le retour à l’esclavage mais la réponse à des enjeux majeurs. Ce fut tout un travail concerté sur Paris pour donner des perspectives aux trajets logistiques à Paris. De répondre aux enjeux d’approvisionnement. On dispose de 3 jours d’autonomie alimentaire dans la ville aujourd’hui. On a besoin de mieux structurer ces flux qui représentent une part importante des émissions CO2 des flux parisiens. Et ça rejoint ma réponse politique qui tient en trois points :

  • La question de l’immobilier logistique : il nous faut retravailler le maillage. On a besoin de créer des micro-hubs, des zones de stockage à plus faible contenance, à l’intérieur de la ville, avec une problématique de foncier et de coût de l’immobilier. Il nous faut aller également exploiter des lieux sous exploités, notamment tous les ouvrages en sous-sol et les parkings. La question du foncier est un élément clé de cette stratégie. Sogaris constitut le bras armé de cette politique.
  • Adapter la ville aux nouveaux enjeux. Dans ce cadre, nous avons besoin de mieux partager l’espace public. La logistique est souvent considérée comme une nuisance. Il nous faut encourager une logistique mieux intégrée, avec moins de nuisances.
  • La nécessité de décarboner nos mobilités, nos flux. C’est un enjeu majeur d’aller vers des mobilités zéro carbone. Dans ce cadre, la cyclologistique ou les cyclologistiques répondent à ces enjeux. Au-delà des questions personnelles, il y a des questions politiques majeures.

La cyclologistique peut représenter entre 60 et 70% des flux du dernier kilomètre à Paris. C’est ça qui nous intéresse, et que nous souhaitons développer.

De quels leviers d’action disposez-vous pour soutenir le développement de la cyclologistique ?

David Belliard :
  • Vous êtes invités ici, ça fait partie de nos leviers. Nous avons la volonté de donner l’impulsion politique à ce développement.
  • Les infrastructures : pour développer une cyclologistique performante, adaptée aux contraintes, on doit développer et mettre à disposition des infrastructures qui sont adaptées. Le parking de l’île de la cité opéré par Grand Frais, qui opère aujourd’hui en cyclologistique est un bon exemple. C’est assez impressionnant de voir un parking transformé en hub avec une activité économique qui répond à des besoins locaux.
  • L’adaptation de l’espace public aux contraintes de cyclologistique. On suit des doctrines de création de pistes cyclables. Sur cet objectif du 100% cyclable s’associent des enjeux qualitatifs de pistes cyclables plus larges, de recevoir plus de flux et pour que les vélos-cargos puissent y circuler de façon plus confortable. Ça fait partie du cadre de contraintes que nous donnons lors de la création de nouvelles pistes.

Pourquoi l’ADEME souhaite voir la cyclologistique se développer ?

José Caire : Nous avons des enjeux de prospective, d’impulsion et de soutien. Sur les liens environnementaux, en matière de gaz à effet de serre, c’est assez spectaculaire. En ville l’aspect polluant est fondamental avec les émissions NOx, le bruit a aussi été évoqué. Il y a la question du gain d’espace, ça permet d’avoir des villes denses qui soient vivables et attractives et d’éviter l’étalement urbain. Sur l’aspect économique, la cyclologistique est compétitive et arrive à monter en puissance. Les coûts d’exploitations sont proches des véhicules légers, c’est créateur d’emploi. Et ce sont des emplois sans doute plus accessibles que d’autres emplois de transport : il n’y a pas de permis vélo nécessaire, l’investissement de départ est accessible, ça peut mobiliser le secteur de l’ESS. Et puis il y a une facilité de maniabilité des vélos. Ça participe à la convivialité des espaces publics également. Il y a beaucoup de bienfaits sociétaux.

Comment l’ADEME et l’Etat peuvent aider le développement de ce mode de transport ?

José Caire : C’est plus aux mains des collectivités. L’ADEME s’inscrit aux mains de l’Etat, qui est favorable à la cyclologistique. Dans les politiques publiques menées, il y a le plan vélo, le plan national pour le développement de la cyclologistique 2021, des accompagnements financiers avec les programmes CEE (ColisActiv, MaCycloentreprise, EVE), les aides à l’achat de vélos-cargos, etc. Et puis toutes les politiques locales associées. Pour l’ADEME plus particulièrement, on évoquait les sujets de connaissance auquel on participe : le cofinancement du panorama national de la cyclologistique, de l’observatoire des mobilités professionnelles. La cyclologistique fait également partie de tous les programmes de l’ADEME comme Fret21, France 2030, Logistique 4.0 qui sont ouverts aux enjeux de cyclologistique sur les questions d’application, le projet pour les collectivités AACT-AIR. Elle fait également partie des sujets d’innovation et de R&D : le plan de relance France 2030, les aides Tremplin pour soutenir les actions des PME/TPE, avec un grand succès sur l’achat des vélos-cargos qui représente 1/3 de l’enveloppe budgétaire consommée. Cette aide est d’ailleurs reconduite en Ile de France.

Pourquoi les élus des métropoles, France Urbaine, s’intéressent à la cyclologistique ?

Etienne Chaufour : Il y a 5 ans, la logistique pour les grands territoires urbains, nous ne savions pas ce que c’était, nous la redoutions. Heureusement, des acteurs de la logistique nous ont dit « on existe ». On a alors totalement changé notre manière de voir les choses. La santé publique est un bien nécessaire, la ZFE un mal nécessaire. On prenait des raccourcis chez nous, tout ce qui nous intéressait, c’était le dernier kilomètre, on ne regardait pas comment le reste de la chaine opérait. Il a fallu sortir de cette manière de voir les choses, de la schizophrénie des habitants qui souhaitent être livré chez eux et rapidement mais qui refusent l’encombrement de l’espace public qu’ils considèrent comme un espace réservé. C’est le problème qu’on a eu avec la trottinette, les camionnettes et qu’on va avoir avec la cyclologistique. La cyclologistique, c’est génial, mais il ne faut pas qu’elle ne se concentre qu’en centre-ville et délaisse les espaces péri-urbains. Ce sont des enjeux de continuité de territoire, qui sont des enjeux de France Urbaine.

Quels sont les leviers que vous souhaitez privilégier ?

Etienne Chaufour : Le premier levier c’est de vous dire « bravo et merci de nous avoir invité ». Il y a une véritable évolution dans nos échanges. Le deuxième enjeu, c’est que nous avons des capacités d’actions sur l’immobilier de la cyclologistique (des parkings, des centres bus), avec toujours cette idée de ne pas reconstruire, mais de partir de l’existant pour l’optimiser. Pour la décarbonation, il y a 3 outils majeurs :

  • Diminuer l’occurrence, le besoin. Ce n’est pas évident pour la marchandise.
  • La massification, qui n’est pas évident quand on part de la cyclologistique. Mais elle peut faire des efforts notamment sur les transports à vide.
  • Réduire le kilométrage parcouru. Il faut trouver des actions de proximité, gérer des cœurs de banlieue intermédiaires pour que cette cyclologistique soit aussi dédiée aux centres commerciaux, aux centres bourgs.

Qu’attentez-vous de cette fédération ?

David Belliard : la stratégie de logistique que nous avons fait voter est évolutive. Nous l’avons intégré dans un processus d’ajustement, car c’est un secteur qui va très vite. Nous sommes face à des enjeux de santé publique, de climat, d’occupation de l’espace public, sur lesquels les aspirations sont évolutives. Nous avons mis en place des comités, notamment sur le sujet des jeux olympiques et de la cyclologistique. Il nous importe que les fédérations, et les autres acteurs, prennent toute leur part à ces réflexions. Il faut penser l’intégralité de la chaine. Il faut intégrer la cyclologistique pour acculturer les différents acteurs, les politiques, et l’opinion publique. La cyclologistique est désormais un élément essentiel dans les centres urbains denses.

José Caire : Avoir un collectif organisé et structuré en face de nous permet de travailler de façon plus efficace et de progresser dans le soutien à cette transition.

Etienne Chauffour : Un premier enjeu relève de la professionnalisation du secteur. Nous sommes des acteurs de l’insertion, avec des missions locales, des territoires zéro chômeurs, et là on a beaucoup de demandeurs d’emploi qu’il faut aider à se former dans ces schémas professionnels. On a besoin de faire en sorte que cette capacité de formation existe un peu partout en France. Je pense notamment aux jeunes sur des dispositifs d’insertion. La capacité de pédaler, de recevoir des clients, etc… est à leur disposition. Un deuxième domaine d’action c’est de rendre la cyclologistique perceptible sur les territoires. Aujourd’hui, dans certains quartiers, il est impensable de garer un vélo-cargo. Il faudra que l’on soit à vos côtés pour que ça devienne acceptable par les habitants. Il faut que petit à petit, on montre que c’est un domaine dans lequel il y a de l’écoute, de l’envie de cohabiter avec les autres usages de l’espace public et qu’on considère l’espace public comme un bien commun que l’on doit partager. Nous sommes également consommateurs en tant qu’acteurs publics. Aujourd’hui, dans nos propres services, on a beaucoup d’usages qui pourraient être investis par la cyclologistique. On pourrait multiplier ces exemples.

Clément Beaune est ministre délégué auprès du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, chargé des Transports.

Merci beaucoup de m’accueillir, de me donner l’occasion de conclure ces travaux. Je suis assez impressionné du développement rapide de vos innovations et nous devons encore travailler au développement de cette cyclologistique urbaine. 

Nous avons un enjeu économique et écologique majeur pour accompagner cette transformation de la logistique, qui peut passer par des camions plus propres et plus petits, mais on a besoin de solutions innovantes et le vélo doit sortir de l’anecdote. Il faut donner des moyens aux villes de développer le vélo et faire en sorte que le milieu du transport de marchandise en lui-même puisse bénéficier de transformations autour du vélo. 

Nous avons déjà mis en place des programmes CEE pour 12 millions d’euros et avons un certain nombre d’études en cours. Quand on veut passer à une autre échelle, de quelques initiatives à une filière économique, il y a un besoin de se structurer et je vous remercie d’avoir pris cette initiative. Nous avons besoin de montrer que l’on passe au bon échelon. Que vous puissiez nous communiquer vos besoins, montrer que ça crée de vrais emplois. 

Nous allons pouvoir prendre un certain nombre de mesures afin de soutenir tous les efforts de la filière pour valoriser ses évolutions. Mais la clé pour ça, c’est de travailler en équipe. Je salue l’organisation et le nombre de personnes dans cette salle qui montre l’engagement fort pour la cyclologistique. Si on ne s’organise pas, qu’on ne porte pas de mesures, on ne fera pas la transformation nécessaire du secteur. Merci de vous être engagés pour cela. Je suis prêt, dans les jours et semaines qui suivent, d’étudier ce qu’il peut être fait de mieux pour l’accompagner.

N’oublions pas que nous avons également besoin d’intermodalité. Tout ne va pas se remplacer, se substituer. Nous devons penser de manière intermodale en termes de déplacements et de livraisons. 

L’Etat sera à vos côté pour vous encourager dans vos initiatives et répondre à vos besoins. Vous aurez avec moi un avocat zélé, engagé pour défendre la cyclologistique

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